Joseph Antoine Bell évoque le rôle et la place d’un gardien de but dans une équipe de foot. Dans un entretien accordé sur un forum de journalistes africains, il parle d’abord de son expérience, et de sa contribution à l’évolution du poste.

L’ancien portier de l’équipe nationale des Lions Indomptables du Cameroun fait la part belle à son emblématique dossard 1: « Il faut savoir que ceux qui ont inventé le football, ne s’y sont pas trompés. Le premier numéro qui existe en football, c’est le numéro 1. Et voilà pourquoi quand j’étais titulaire, je m’étais toujours assuré de bien porter mon numéro 1, au lieu d’avoir une fantaisie en portant un autre numéro. Le numéro 1 veut dire le joueur sans lequel on ne fait pas d’équipe. Et voilà pourquoi les règlements eux-mêmes font en sorte que quand une équipe a son gardien qui est blessé, il faut absolument qu’il y ait quelqu’un dans le but, pour qu’on joue. C’est le seul poste qui ne peut pas être absent, qui doit être spécifiquement fourni et qu’on le voit. Le gardien est un joueur à part aujourd’hui, mais seulement dans la tête et dans le comportement.»

Joseph Antoine Bell évoque sa singulière expérience « C’est parce que tout jeune, j’ai bien compris ce poste, que je l’ai joué de cette manière là. Peut-être que j’étais leader, et c’est pour ça que j’ai été attiré par l’horreur. Je jouais en première division à 16 ans et je n’avais pas une corpulence qui en imposait aux autres. Mais tous les anciens préféraient jouer avec moi plutôt qu’avec un gardien plus âgé, parce qu’ils trouvaient en moi le commandement. Le commandement va toujours dans l’intérêt du commandé. Mes partenaires étaient donc très contents de ce que je faisais parce qu’ils ont tous constaté qu’ils étaient meilleurs avec moi, qu’avec tous les autres gardiens. Finalement, dans les équipes où je jouais, ce qui plaisait c’est que je pouvais intéresser tout le monde, au jeu de l’équipe.Tout le monde devait assurer sa passe et avancer. »

Le gardien de but endosse donc une énorme responsabilité : «Le gardien est un petit papa, un gars responsable. C’est chez lui qu’on perd les matches. C’est le seul qui les soirs d’un score de 4 – 3 par exemple, n’est pas content, parce qu’on a pris 3 buts ».

Joseph Antoine Bell a participé à donner une autre dimension au gardien de but, contemporain: «Aujourd’hui, on ne défend plus à 8 pour attaquer ensemble. Mais, tous, on défend. J’ai contribué en 1993 à en faire un joueur à part entière. J’ai amené à ce qu’il soit intégré au jeu, non pas qu’on lui supprime le privilège de prendre le ballon de la main. On l’intègre au jeu.»

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