Nibombé Daré © Arnaud Bocco
Le Togo s’avance ce lundi 13 octobre 2025 pour son dernier match des éliminatoires du Mondial 2026 face au Soudan du Sud. Dans les propos de Nibombé Daré, la sérénité. Dans les faits, une série qui donne matière à douter.
Depuis sa reprise desdits éliminatoires après le départ de Paulo Duarte, le technicien togolais affiche un bilan fragile : cinq matchs, une seule victoire, un nul et trois défaites. Pourtant, à la veille de cette ultime sortie, le sélectionneur garde le ton calme et le verbe confiant. « L’essentiel est d’être prêts pour ce match. Au bout du compte, c’est un match à gagner », a-t-il déclaré dimanche, tout en estimant que les Éperviers n’ont pas de problème majeur, si ce n’est un manque d’efficacité devant le but.
« Quand on fait le bilan de nos rencontres, on joue bien, on se crée des occasions, mais il nous manque de l’efficacité. À part cela, il n’y a pas vraiment de problème », renchérit-il.
Mais la lecture laisse songeur. Car si l’efficacité offensive a souvent fait défaut, c’est surtout la cohérence d’ensemble qui interroge. Face à la RDC, tombeur du Togo 0–1 à Lomé, les Eperviers avaient offert un visage crispé, prisonnier d’un système trop prudent. Un double pivot défensif au milieu, peu de mobilité dans les transitions, et une animation sans véritable liant offensif : difficile, dans ces conditions, de croire à un plan clair pour l’emporter.
Depuis ses débuts, Daré s’accroche à une idée de continuité. Mais ses choix déroutent. Des joueurs qui peinent à convaincre toujours maintenus, d’autres écartés malgré leur potentiel, un discours de confiance dans la jeunesse sans véritable incarnation sur le terrain… Autant de contradictions qui brouillent la lecture du projet togolais.
« Les deux pays sont hors course. Pour nous, il s’agit de finir ces éliminatoires sur une victoire, sur une note positive », a encore insisté le sélectionneur. Mais la note, elle, grince. Après le nul arraché à domicile face à la Mauritanie, les revers répétés, puis la victoire isolée face au Soudan, le Togo reste une équipe à réaction plus qu’à conviction.
Ce lundi, à Juba, il ne s’agira plus de discours, ni même d’intentions. L’heure est aux preuves. Les Éperviers jouent leur dernière carte dans une campagne où la promesse du renouveau s’est étiolée au fil des contre-performances. S’ils veulent sauver un peu plus que l’honneur, ils devront enfin donner du sens à leurs mots. Parce qu’à force de dire qu’il n’y a pas de problème, le Togo risque d’oublier que le vrai défi, c’est d’en résoudre un.
Emmanuel TETE
Crédit photo : Arnaud BOCCO
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