À des milliers de kilomètres des stades de Mexico, Toronto ou New York, une autre Coupe du monde se joue chaque nuit dans les villages, quartiers et villes d’Afrique, surtout pour les pays ayant déjà ouvert leur bal. Le décalage horaire redistribue les cartes de l’emploi du temps et resitue les horaires de sommeil.
La Coupe du Monde démarrée il y à peine quelques jours, se vie les yeux rougis par la fatigue, mais le cœur débordant de passion. Au Sénégal, au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Maroc ou encore en Égypte, les heures de sommeil ont cédé leur place aux rendez-vous du Mondial 2026. Avec le décalage horaire entre l’Afrique et l’Amérique du Nord, certains matchs se disputent tard dans la nuit, parfois jusqu’aux premières lueurs du jour. Une contrainte qui n’a pourtant pas refroidi l’enthousiasme des supporters.
Dans certaines capitales africaines qualifiées pour la grand-messe mondiale, les écrans géants improvisés attirent des foules impressionnantes. Face aux infidélités du courant électrique, des groupes électrogènes ronronnent dans l’obscurité tandis que les rues habituellement silencieuses retrouvent une animation inhabituelle.
Lorsque les Lions de la Téranga, les Léopards de la RDC, ou les Pharaons entreront sur la pelouse, le sommeil deviendra un détail. Les cris de joie, les débats passionnés et les analyses improvisées prolongeront souvent la nuit bien après le coup de sifflet final.
Dans certains foyers de Kaneshi au Ghana, de Poto-Poto au Congo Brazzaville ou de Gbadolite derrière le fleuve, les habitudes changent. Les réveils sont programmés au milieu de la nuit, les repas s’organisent autour des horaires des rencontres et les activités du lendemain sont parfois repoussées pour récupérer quelques heures de repos. Cette nuit à 23h GMT lorsque les Éléphants de Côte d’Ivoire fouleront la pelouse face à l’Équateur, Yopougon, Port-Boué, ou encore le Quartier Plateau reprogrammeront leurs horloges.
Cette Coupe du monde rappelle une réalité simple : le football n’est pas qu’un sport en Afrique. Il est un lien social, une émotion collective et parfois même un mode de vie. Pendant quelques semaines, des millions d’Africains vivront à l’heure américaine, non par obligation, mais par passion. Et cette passion, elle, ne connaît ni fuseaux horaires ni frontières.
Arnaud BOCCO
Crédit Photo: Droits réservés
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