Aucune médaille, des éliminations dès le premier tour, mais une première expérience qui pourrait compter pour la suite. Pour Benjamin Boukpeti, la participation historique du Togo aux Jeux du Commonwealth de Glasgow 2026 laisse un bilan en demi-teinte sur le plan sportif, mais ouvre surtout une perspective : celle d’un sport togolais capable de se rapprocher progressivement du très haut niveau.
Le bilan comptable est difficile à enjoliver. Les dix athlètes togolais engagés en athlétisme, en boxe et en judo n’ont décroché aucune médaille à Glasgow. Tous ont été éliminés dès leur entrée en lice. Pour autant, Benjamin Boukpeti, seul médaillé olympique de l’histoire du Togo et responsable de la préparation olympique et du sport de haut niveau au CNO-CGA Togo, préfère regarder au-delà du résultat immédiat.
Dans des propos rapportés par L’Équipe Sportive 228, il considère cette première participation comme une étape importante. Le Togo a désormais pris place sur la scène des Jeux du Commonwealth et, surtout, a pu mesurer concrètement l’écart qui le sépare encore des meilleures nations.
« Les médailles ne tombent pas du ciel. Il faut apprendre, progresser, mettre chacun dans les meilleures conditions et construire un véritable système de performance», rappelle Boukpeti. Pour lui, le défi est désormais de bâtir un véritable système de performance, capable d’accompagner les athlètes dans la durée.
Quelques signaux positifs existent déjà. Il cite notamment le boxeur Ramzy Salifou et le judoka Mattheo Lawson, deux jeunes athlètes dont les parcours face à des adversaires de haut niveau lui paraissent encourageants.
Mais Glasgow ne doit surtout pas rester une parenthèse. Le véritable enjeu est de transformer cette expérience en méthode, puis la méthode en résultats. Et Boukpeti regarde déjà beaucoup plus loin que l’Écosse : jusqu’aux Jeux olympiques de Brisbane 2032.
Selon lui, cinq à six années de travail continu pourraient permettre à cette génération de franchir progressivement les paliers, jusqu’à viser des demi-finales, des finales et, pourquoi pas, des médailles.
Cette ambition passera aussi par un changement de mentalité. « Notre plus grand défaut est de ne pas croire suffisamment en nous-mêmes », estime-t-il.
Glasgow n’a donc pas offert de médaille au Togo. Mais pour Benjamin Boukpeti, l’essentiel est peut-être ailleurs : savoir transformer une première confrontation avec le très haut niveau en point de départ d’une ambition qui, elle, se mesure déjà à l’horizon 2032.
Emmanuel TETE
Crédit photo : Droits réservés
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