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samedi , 24 janvier 2026
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CAN 2025 : quelles sélections sans étoile peuvent raisonnablement viser un premier sacre ?

La CAN 2025 s’ouvre dans un contexte qui autorise toutes les hypothèses, mais n’en valide aucune par avance. Après le Sénégal, enfin sacré en 2021 au terme d’une longue montée en puissance, puis la Côte d’Ivoire, victorieuse en 2024 à la faveur d’un parcours sinusoïdal mais maîtrisé au bon moment, le tournoi s’est rappelé une chose : le palmarès ne protège plus, seule la dynamique compte.

Dans ce paysage remodelé, plusieurs sélections avancent toujours sans étoile sur le maillot. Elles ne dominent pas l’Afrique, ne partent pas comme ultra-favorites, mais disposent d’arguments suffisants pour que la question d’un premier sacre ne soit plus théorique. Encore faut-il que leur trajectoire récente, leur expérience du très haut niveau et le contexte immédiat de la compétition, notamment la phase de groupes, rendent ce scénario crédible.

Mali : une constance éprouvée, un contexte de poule exigeant

Le Mali arrive à la CAN 2025 avec un statut installé. Depuis plus d’une décennie, la sélection malienne traverse les éditions sans disparaître, souvent présente en phase à élimination directe, rarement dépassée sans résistance. Le vivier est stable, la transition générationnelle maîtrisée, la crédibilité continentale acquise.

Mais contrairement au Sénégal avant 2021, le Mali n’aborde pas le tournoi avec une dynamique clairement ascendante vers le titre. Pas de finale récente, pas de séquence où l’équipe impose durablement sa supériorité. La régularité existe, la rupture, elle, tarde.

À cela s’ajoute une phase de groupes peu clémente. Placé dans une poule A dense, face à des adversaires capables de contester la maîtrise du jeu et d’imposer un combat physique élevé, le Mali devra rapidement monter en régime. La qualification reste à sa portée, mais sans marge confortable. Cette entrée en matière exigeante peut soit accélérer la montée en puissance, soit exposer les limites d’une équipe encore en quête de son moment charnière.

Burkina Faso : l’expérience du tournoi, le précédent de 2013

Le Burkina Faso connaît la CAN mieux que beaucoup d’autres sélections sans titre. Finaliste en 2013, dans un parcours que peu avaient anticipé, il avait bâti sa campagne sur une organisation rigoureuse et une efficacité maximale. À l’époque, la qualification pour la finale n’était pas attendue, mais elle avait confirmé une capacité rare à épouser le tempo du tournoi.

Depuis, le Burkina Faso s’est installé comme un habitué des matchs à élimination directe. Demi-finaliste à plusieurs reprises, il reste une équipe difficile à manœuvrer, capable de fermer les espaces et de gérer la pression. Sa dynamique n’est pas celle d’une domination croissante, mais celle d’une solidité récurrente.

Sa poule à la CAN 2025 lui offre un contexte relativement lisible. Sans être simple, elle ne l’expose pas immédiatement à un choc frontal. Une qualification rapide lui permettrait d’entrer dans son schéma préféré : un tournoi à élimination directe où chaque match se joue sur des détails. C’est dans ce format que le Burkina Faso devient le plus dangereux, même sans statut de favori.

Cap-Vert : une progression confirmée, un test de maturité

Le Cap-Vert poursuit une trajectoire ascendante depuis plusieurs éditions. La sélection a gagné en organisation, en stabilité tactique et en lisibilité. Elle ne surprend plus ponctuellement, elle confirme. Cette évolution s’appuie sur un effectif majoritairement formé en Europe et une identité collective désormais assumée.

Sa phase de groupes apparaît comme un indicateur clé. Elle offre au Cap-Vert logé dans la poule C, une réelle possibilité de qualification, à condition de convertir rapidement sa discipline collective en résultats. Contrairement au Mali ou au Burkina Faso, le Cap-Vert manque encore de références prolongées dans les derniers tours. La question n’est donc pas tant celle du niveau que celle de la gestion de la pression quand le tournoi bascule. Dans un scénario de CAN ouverte, où les écarts se réduisent et où les favoris s’exposent tôt, le Cap-Vert peut incarner l’équipe qui profite du désordre. Mais un premier sacre supposerait une capacité nouvelle à enchaîner les matchs décisifs sans rupture.

La CAN 2025 ne désigne pas naturellement un nouveau champion. Aucun de ces trois dossiers ne présente la trajectoire quasi linéaire du Sénégal avant 2021. Mais le contexte du tournoi, l’équilibre des forces et la configuration des groupes maintiennent l’hypothèse ouverte. Pour le Mali, le Burkina Faso et le Cap-Vert, la première étoile n’est ni une promesse ni une illusion. Elle reste un horizon conditionné à une dynamique de compétition parfaitement maîtrisée, dès la phase de groupes.

Emmanuel TETE

Crédit photo : Droits réservés

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