Entre maîtrise du jeu et débats incessants, la CAN 2025 s’affirme comme un tournoi où le football africain montre sa maturité tout en laissant transparaître des tensions qui nourrissent de vives controverses. Les favoris tiennent leur rang, les filets tremblent avec régularité, mais les décisions arbitrales et les choix d’organisation continuent de faire parler.
Un tournoi à la maturité affichée
Depuis le coup d’envoi en décembre, la CAN 2025 impose un rythme soutenu et des confrontations de haute intensité. Avec 119 buts inscrits avant les demi-finales, le tournoi atteint déjà le total de l’édition 2023 sur l’ensemble de ses matchs, signe d’un football africain de plus en plus prolifique et précis. Les grandes équipes traditionnelles telles que le Nigéria, le Maroc, l’Égypte, le Cameroun, l’Algérie, le Sénégal et la Côte d’Ivoire n’ont laissé que peu de place à l’imprévu, affichant une régularité remarquable et une solidité tactique qui distinguent cette édition des précédentes. Les stades flambants ne sont pas que des décors : la qualité des pelouses et des infrastructures contribue à un niveau de jeu élevé, où pressing, transitions rapides et collectif organisé dominent.

La flexibilité tactique révèle un autre signe de maturité : la majorité des formations adopte un 4‑3‑3, tandis que certaines optent pour des variantes de 4‑4‑2 selon les besoins du match. La gestion des effectifs traduit une réelle intelligence stratégique : les entraîneurs font tourner leurs cadres pour préserver la fraîcheur, équilibrer jeunesse et expérience et maintenir la cohésion des équipes. Chaque rencontre devient ainsi une démonstration de maîtrise où bataille tactique et technique se conjuguent et où chaque action peut faire trembler les filets.

Controverses et débats : arbitrage et organisation en question
Pourtant, cette maîtrise coexiste avec des zones d’ombre. L’arbitrage a été au cœur de plusieurs rencontres où des décisions contestées ont modifié le cours des matchs, suscitant critiques et tensions, notamment lors des quarts de finale entre Cameroun et Maroc ou Algérie et Nigéria. La CAF a dû ouvrir des enquêtes sur certains comportements jugés inacceptables et sur des décisions arbitrales controversées.

Au‑delà des décisions sur le terrain, l’organisation du tournoi entre décembre et janvier a alimenté les débats. La période choisie a mis à l’épreuve la préparation des équipes et la disponibilité des joueurs, certains clubs refusant de libérer leurs cadres dans des conditions jugées difficiles. Les rotations, les blessures et certaines stratégies contestables ont ajouté un parfum de controverse qui a traversé tribunes et salles de presse.
Alors qu’elle s’apprête à ouvrir le bal des duels du dernier carré, la CAN 2025 se dessine comme un tournoi à deux visages : un football africain mature, précis et régulier, mais aussi un théâtre où chaque décision arbitrale et chaque difficulté organisationnelle ajoutent au suspense et à l’intensité. Entre maîtrise et controverses, joueurs, entraîneurs et spectateurs restent suspendus à chaque match, témoins d’un tournoi qui impressionne par son jeu et interroge par ses débats.
Emmanuel TETE
Crédits photos : Authentique Fortographie



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