Le staff de la sélection nationale des Éperviers du Togo s’est prononcé sur les raisons qui ont aiguillonné le choix de la Tunisie pour le stage des Journées FIFA. Ce sont en tout quatre mobiles, exposés en exclusivité, à la rédaction de foot.tg .

Le staff de la sélection nationale a d’abord analysé les offres de confrontations disponibles, tout en considérant la situation sanitaire qui prévaut : « Nous avons retenu la Tunisie à la suite d’une réunion où le Staff technique de l’Equipe nationale a exposé aux membres du Comité Exécutif de la FTF, les offres de matchs reçues et l’analyse de la situation.»

Le choix s’est finalement porté sur la Tunisie, pour quatre raisons: «Cela dit, on peut expliquer par quatre raisons, le choix de la Tunisie. Il y a d’abord la raison de la disponibilité de l’adversaire, ensuite la facilité d’accès au pays hôte où doit se tenir notre stage, la raison financière et enfin les mesures barrières édictées au Togo dans le cadre de la riposte de la pandémie à la Covid-19. »

Le premier adversaire validé par le Togo, offrait d’emblée par ricochet, un second: « Concernant la disponibilité de l’adversaire, comme vous le savez, pour jouer au football il faut deux équipes. Dans le cadre de cette trêve internationale d’octobre 2020, le premier à manifester son intention de jouer contre le Togo, c’est bien le Soudan. Mais il se trouve que le Soudan avait également prévu un match amical le 09 octobre contre la Tunisie à Tunis. Donc, le Soudan devrait prendre ses bases en Tunisie. Le premier adversaire à notre disposition était donc disponible en Tunisie. »

Les difficultés quant à l’obtention des visas, a démotivé l’hypothèse d’un rassemblement en Europe, alors qu’elle était également étudiée. « Pour ce qui concerne la facilité d’accès au pays, nous avons aussi reçu des propositions pour jouer contre des pays à Paris, à Vienne, à Madrid, en Hollande ou à Porto. Mais nous avons très vite éliminé l’hypothèse d’un match en Europe, pour impossibilité de faire les demandes de visas à Lomé. Au moment où nous étudions les possibilités de matchs vers la fin du mois d’août, le Consulat de France n’était pas disponible pour recevoir les demandes de visa court séjour. En plus de cela, si nous avons une facilité relative à Lomé pour avoir les visas Schengen au Consulat de France à cause de la confiance faite en la personne du Sélectionneur national Claude Le Roy, certains de nos joueurs résidant à l’extérieur s’était vu refuser par le passé leur demande de visa à l’occasion de nos regroupements en France. Donc ne pouvant pas avoir les visas pour nous rendre en Europe, nous avons éliminé l’hypothèse de nous y rendre pour notre stage. Le temps était trop court pour bien organiser cela, parce que la FIFA n’a rendu public son nouveau calendrier que récemment. »

Le staff technique n’a pas opté pour un stage de l’équipe nationale à domicile, parce que d’une part, le coût revient nettement plus cher, alors que toutes les conditions ne sont pas réunies, en Afrique subsaharienne notamment. « Troisième raison, les finances, contrairement à ce que les gens peuvent penser, il nous revient beaucoup moins cher d’organiser nos stages en Europe plutôt qu’en Afrique. La raison toute simple est que la majorité de nos internationaux évoluent en Europe. Y aller faire un stage, nous revient donc moins onéreux en billets d’avion. A cela s’ajoute la qualité des infrastructures sportives, le coût relativement moins élevé des hôtels et autres commodités qui font parfois défaut chez nous, pour ce genre de regroupement. Par ailleurs, quand on demande à un adversaire de venir jouer un match amical contre nous à domicile, souvent il demande une contrepartie qui peut-être la prise en charge des frais d’hébergement et de restauration. Comme vous le savez, c’est sur la même ligne budgétaire qu’on émarge pour les matchs de l’Equipe nationale A, A’, et les sélections de jeunes (U17 et U20) qui entreront bientôt en compétition sans compter le CHAN au Cameroun, la suite des éliminatoires de la CAN 2022, les éliminatoires de la Coupe du monde 2022, les compétitions nationales…
Nous devons donc garder un regard sur l’ensemble de la disponibilité des moyens pour tout le football, avant de faire nos options. C’est une question qui relève du sens de responsabilité. On fait donc attention aux finances et à tout point de vue. »

Enfin, l’État d’urgence sanitaire décrétée au Togo est toujours en vigueur et ne permet pas à la sélection nationale de passer outre les interdictions faites. « La dernière raison est l’interdiction faite de jouer au football pour le moment dans notre pays, dans le cadre des mesures pour la gestion de la riposte à la pandémie du Coronavirus. À ce jour, nous n’avons toujours pas eu de suite favorables à nos multiples demandes de dérogation en vue d’entamer les préparatifs du CHAN 2021. Comment donc dans ces circonstances pouvons-nous programmer un stage de l’Equipe nationale A, à Lomé. D’ailleurs, vous observerez que la plupart des pays de l’Afrique Sub Saharienne font leurs regroupements en Europe ou dans les pays du Maghreb, en Tunisie et au Maroc surtout, pour les raisons de coûts, de facilités à rallier leur base, de disponibilité en infrastructures de qualité et autres commodités indispensables au bon déroulement d’un stage de football pour préparer au mieux une compétition. »

Après avoir vu sa première confrontation annulée pour cause de mesures liées à la riposte à la pandémie du covid-19, le Togo espère pouvoir disputer son second match contre le Soudan, le 12 octobre prochain.

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