Éliminé dès la phase de groupes de la CAN 2025, le Zimbabwe quitte la compétition sans éclat sur le plan comptable. Mais individuellement, Washington Arubi sort la tête haute. À 40 ans, le gardien des Warriors signe un tournoi honorable, parfois héroïque, et s’impose comme l’un des rares points d’ancrage d’une sélection valeureuse, mais débordée. Une CAN disputée avec autorité et lucidité, qui ressemble à s’y méprendre à une dernière danse continentale pour le dernier rempart zimbabwéen.
Dans un tournoi où les vagues offensives se succèdent, Washington Arubi s’est souvent dressé seul face à la tempête. Contre l’Égypte pour l’entrée en lice, il est mis à contribution dès les premières minutes. Les frappes pleuvent, la pression s’installe, mais le portier répond présent. Six arrêts décisifs, dont une parade réflexe sur sa ligne face à Mohamed Salah, retardent l’inévitable. Battu 2-1, le Zimbabwe s’incline, mais évite surtout le naufrage. Arubi, lui, s’attire déjà les regards et les éloges.
Face à l’Angola, le scénario se répète sous une autre forme. Moins de feu continu, mais des interventions toujours aussi précieuses. Le gardien rassure et permet aux Warriors d’arracher un nul (1-1), leur seul point dans la compétition. Crédité d’une note de 7,3 par les plateformes spécialisées, il confirme sa régularité et son poids dans une équipe souvent mise sous tension.
Si le Zimbabwe encaisse six buts en trois matchs, le bilan brut masque l’essentiel. Les chiffres racontent une autre histoire. Environ quatorze arrêts sur les deux premières rencontres, un pourcentage d’arrêts supérieur à 70 % traduisent l’impact réel d’Arubi. Souvent mis à contribution par sa défense, il intervient, retarde et empêche à plusieurs reprises les siens de sombrer, limitant l’écart face à des adversaires plus armés.
Cependant, tout n’a pas été parfait pour le dernier rempart des Warriors. Lors du dernier match face à l’Afrique du Sud, perdu 3-2, sa sortie mal appréciée permet à Lyle Foster de marquer de la tête. Une erreur qui coûte cher et rappelle que, même à ce niveau d’expérience, le moindre flottement se paie cash. Mais elle ne suffit pas à éteindre l’ensemble de son tournoi, ni à ternir son apport global.
Fort d’une quarantaine de sélections, Washington Arubi incarne l’expérience et le leadership des Warriors. À 40 ans, le gardien de Marumo Gallants compense le temps par la lecture du jeu, le placement et l’autorité dans sa surface. Dans une CAN 2025 déjà racontée comme celle des dernières apparitions de plusieurs figures majeures du continent, Arubi vit lui aussi un rendez-vous charnière avec la Coupe d’Afrique des nations. Son équipe est éliminée, mais lui sort par la grande porte, fidèle à son rang, fidèle à son rôle, debout jusqu’au bout.
Emmanuel TETE
Crédit photo : Fédération zimbabwéenne de football



Leave a comment