« Des footballeurs achètent parfois des médicaments de rue, de faux médicaments au Togo », reconnait Damien Kouvahey, médecin sportif togolais.

« Les gens s’adonnent beaucoup à l’automédication dans le milieu sportif, surtout par rapport aux anti-inflammatoires. Les joueurs ont mal , ils ont envie de calmer leur douleur, ils achètent des médicaments n’importe où » révèle le docteur Kouvahey, dans une interview exclusive à foot.tg

Selon lui, la situation est, le plus souvent,  lié au manque de moyens financiers. 

” Ils ( les joueurs)  n’ont pas beaucoup d’argent, ils achètent le moins cher, le plus rapide à portée de main”.

Ces propos sont confirmés par A. K., un jeune footballeur qui a requis l’anonymat.  

“C’est pratique et simple de s’approvisionner auprès de la bonne dame du quartier en médicaments contre le douleur. En plus c’est moins cher”, témoigne ce footballeur évoluant dans un club du championnat de la première division du Togo.

“Je  suis payé à 50 000 par mon club, un payement qui n’est même pas régulier alors il me sera très difficile de m’offrir le luxe d’aller systématiquement à la pharmacie où les produits coûtent chers”, poursuit-il.  

Pour le docteur Kouvahey,  les faux médicaments présentent des complications sur leur santé et leurs performances.

“Ces médicaments vont aussi agir sur les articulations et réduire la performance du joueur parce que les articulation, vont être touchés par les médicaments contrefaits “, explique-t-il.

Selon lui, les dangers sont énormes: « quand nous avons des médicaments contrefaits avec des principes actifs,  soit mauvais,  soit périmés, il va aboutir à des complications sur toute l’organisation de l’individu ». 

Docteur Damien Kouvahey, médecin sportif
Docteur Damien Kouvahey, médecin sportif.

« Les complications, les plus désastreuses, sont les complications hépatiques qui peuvent aboutir à des décès et bien entendu,  des insuffisances rénales avec leur lot de dialyses et de complications morbides qui puissent  aboutir au décès. Dans la sous-région africaine, c’est un véritable fléau » a encore dit Damien Kouvahey.

Ce fléau fait des centaines de  milliers de morts par an.  Depuis 2013, 42% de tous les médicaments falsifiés ont été découverts en Afrique. Et dans certains pays africains, les médicaments falsifiés représentent 30 à 60% de tous les produits médicaux.

Le trafic de faux médicament a été au centre de l’ « Initiative de Lomé », un sommet les 17 et 18 janvier 2020 à Lomé.  Sept pays africains ont été représenté à cette rencontre  sur la lutte contre le trafic de faux médicaments.

Les présidents Faure Gnassingbé du Togo, Macky Sall du Sénégal, Yoweri Museveni de l’Ouganda, ainsi que les ministres de la santé du Congo-Brazzaville, du Ghana du Niger et de la Gambie ont pris l’engagement de lutter contre le fléau. 

L’un des engagement touche la criminalisation  du  trafic de faux médicaments  à travers leurs différentes juridictions.

Ils ont donc signé un “accord-cadre légalement contraignant” visant à lutter efficacement contre le trafic des faux médicaments ou produits médicaux de qualité inférieurs et falsifiés.

Cela va passer par “des lois et sanctions pénales pour criminaliser le trafic des produits médicaux de qualité inférieurs et falsifiés et à coopérer pour assurer le respect de ces lois et leur application rigoureuse ».

Par cet  accord-cadre, les Etats s’engagent à tout mettre en oeuvre  pour assurer  les mécanismes nécessaires pour garantir la mise en œuvre de l’Initiative de Lomé.

Le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a pris également part à ce sommet sur l’ initiative de Lomé, organisé par la Fondation Brazzaville.

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