Plusieurs lunes maintenant que les Éperviers du Togo sont rentrés dans l’histoire, à la faveur de leur qualification pour le CHAN Cameroun 2020. Passé le temps de l’euphorie et des félicitations verbales, les Éperviers A’ continuent malgré eux d’espérer toucher les primes de qualification. À ce qu’il paraît, Gnama Akaté et sa suite ne sont pas une priorité.

Si l’on cherche quelques fois à comprendre pourquoi il arrive à quelques individus de ne pas toujours parler avec enthousiasme de leur pays, il n’y a qu’à observer comment les premiers décideurs des nation mettent les choses en oeuvre pour faire comprendre à chaque individu, que la nation qu’ils représentent leur est reconnaissante.

Le 19 octobre 2019, à Agege là-bas au Nigéria, les Éperviers du Togo conduits par le sélectionneur Jean-Paul Abalo ont montré encore une fois que l’on peut toujours continuer de compter avec le Togo, sur l’échiquier continental. De très haute lutte, les rapaces togolais ont trouvé les moyens de faire choir le grand Nigéria, au nez et à la barbe de son public qui ne pouvait pas en croire ses yeux. Malgré un arbitrage fort peu cordial, les Éperviers locaux ont trouvé le moyen de communiquer au public sportif resté au pays, la joie d’appartenir à ce Togo visiblement enclin à être capable du meilleur comme du pire, sportivement parlant. Le retour à Lomé s’est déroulé avec toutes les infusions de familiarités qui ont rappelé les époques de gloire de ce football, qui se retrouve aujourd’hui paradoxalement, en mal d’amour avec son public sportif. Les colonnes d’apothéose dressées au passage de cette jeunesse digne qui une fois de plus à écrit en lettres d’or le nom du Togo au panthéon des Nations ayant décroché la qualification pour le CHAN n’a trouvé d’écho que dans des promesses jusqu’ici restées creuses.

Concrètement, les Éperviers n’ont jusqu’ici pas encore touché leurs primes de qualification au CHAN 2020. Ils continuent d’espérer avec la conviction que la Nation leur sera un jour reconnaissante, matériellement et financièrement. Envers et contre toutes les raisons sincères qui “peuvent” justifier tout ce retard pris dans la satisfaction de ce qui est dû aux héros d’Agege, il faut bien se rappeler que la conviction reste quelque chose de bien qui se meurt très vite quand rien ne nourrit son quotidien.

Sous d’autres cieux, le plat de qualification se consomme tout chaud. Déjà dans les vestiaires ou sur la route du retour au pays, chaque acteur ayant participé à l’effort de guerre touche du doigt les fruits de son labeur. De quoi être fier de soi et se disposer à offrir de son meilleur, la prochaine fois que la patrie fera appel à ses services.

Vivement que les décideurs se hâtent de faire disparaître cette impression de rendez-vous manqué, à l’heure où le football togolais, avec l’effort de tous, s’efforce de revenir sur le rivage des nations les mieux cotées. Il est bien vrai que ceux dont nous brandissons la cause, ont accompli un “devoir civique”, mais il reste également vrai que le patriotisme comme simple concept ne se mange pas, n’entretient pas les performances et encore moins, n’encourage pas à davantage de sacrifices.

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