Comores 0- Togo 0: chronique de deux histoires différentes

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La rencontre de la 5ème journée des éliminatoires de la CAN 2021 entre les Cœlacanthes des iles Comores et les Éperviers du Togo n’a pas connu de vainqueur. La sélection nationale des Comores invincible depuis six ans à domicile, a réussi à arracher un nul synonyme d’une historique qualification à une phase finale de CAN, face à une formation togolaise aux allures locales mais ambitieuse.

Privés de nombreux titulaires (Floyd AYITE, Gilles SUNU, Fo-Doh LABA, Peniel MLAPA, Matthieu Dossevi, Steve LAWSON, Malcolm BARCOLA …), les protégés du sélectionneur national Claude Le Roy ne manquaient pourtant pas d’ambition face à une formation comorienne restée invincible à domicile face y compris à des grandes nations de football du continent comme le Ghana, le Cameroun, l’Egypte, le Maroc.

Avec le jeune attaquant Josué DOKE ( 16 ans) à la pointe d’une division offensive composée de joueurs locaux à l’exception de Ihlas BEBOU, un milieu dirigé par un autre joueur local Marouf TCHAKEI aux côtés de Henritsè ENNINFUL et une arrière garde où seul DJENE Dakonam, le capitaine pourrait rivaliser en expérience de haut niveau, la formation togolaise a su se montrer conquérante et joueuse par intermittence. Un but refusé à Josué DOKE ( 46eme) -sur un centre de Samiou TCHATAKORA idéalement décalé par NANE Richard- pour un hors-jeu douteux et une autre occasion manquée de la pépite du S.C WAFA à la 72eme, auraient pu consacrer ce symbole de renouvellement de génération. Mais l’arbitre en a décidé autrement devant un public gonflé à bloc parmi lequel le Président de la République des Comores.

Exit la pandémie à la Covid-19 qui sévit et préoccupe tant les agences du système des Nations-Unies basées à Moroni, le public dépassait de loin les 1.000 spectateurs autorisés par la Confédération Africaine de Football (CAF). L’enjeu, visiblement dépassait le seul terrain du football. Pour obtenir la première qualification à la messe africaine, les autorités comoriennes ont mis les petits plats dans les grands. Les juges de la partie ne pouvaient que se montrer passablement saoulés par leurs apparentes « motivations » en de pareilles occasions, cruellement dommageable pour le football africain.

Finalement, ce sont eux, les arbitres, qui ont réussi à décider de l’issue de la rencontre. A défaut de faciliter une victoire des Comores pour clore en beauté ces éliminatoires durant lesquelles les Cœlacanthes ont surpris plus d’un, à commencer par le Togo battu au stade de kégué à Lomé lors de la première journée, les Comoriens et leur président Assoumani Azali se sont consolés avec un nul qui les qualifie. Les arbitres ont décidé de couper la poire en deux entre les Togolais qui ne méritaient pas de perdre et les Comoriens dont il ne fallait surtout pas gâcher la fête.

Sans doute aussi que les Togolais ont manqué de punch vers la fin de la partie. Mais à défaut d’une victoire qui aurait été méritée, les protégés de Claude Le Roy ont prouvé que le pays regorge de talents y compris au plan local. Un atout avec lequel il va falloir désormais compter pour le futur de cette sélection en mal de confiance et de résultats  depuis la CAN 2017, et qui vient de rater pour une seconde fois consécutive une qualification pour une phase finale de la CAN.

Le lundi 29 mars 2021, un autre test attend à Lomé, ce prometteur effectif remodelé des Eperviers du Togo, face au Kenya. Les Cœlacanthes viennent d’écrire une glorieuse histoire à l’issue de ces éliminatoires après huit (08) années de travail acharn. Les Éperviers ont l’opportunité pour leur part de s’ouvrir la page d’une autre histoire avec une nouvelle génération.

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